L’aide à domicile, un métier encore trop peu reconnu

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Pour pallier le manque de reconnaissance des métiers de l’aide à domicile, le gouvernement a lancé une campagne le 1er février, visant à promouvoir ces métiers. Pas loin de 300 000 emplois pourraient être ainsi créés d’ici 2030. De quoi donner un nouveau souffle à l’aide à domicile et accompagner les personnes handicapées et les personnes âgées dans leur quotidien.

Des métiers ouverts à tous et qui ont de l’avenir

Si vous en doutiez, l’aide à domicile est un marché en plein boum. De plus en plus de personnes souhaitent rester chez elles durant toute leur vie. Nous pensons bien évidemment aux personnes âgées. Le passage de leur habitation à une maison de retraite n’est pas toujours évident. Cependant, vivre au quotidien n’est pas facile, surtout lorsqu’il s’agit de subvenir à ses besoins. C’est le cas également pour les familles ayant un membre handicapé. Préparation du repas, toilette, course, ménage et prise de médicament, ces actions peuvent être compliquées pour des citoyens ayant atteint un certain âge ou étant handicapés.

On compte actuellement pas loin de 500 000 personnes travaillant comme aide à domicile. Ce nombre, annoncé par les Affaires sociales, compte 98 % de femmes. Âgées en moyenne de 45 ans, elles offrent leur service aux handicapées, aux personnes âgées et aux travailleurs pour des services divers et variés. Certains accompagnants n’ont pas de diplôme, d’autres si. Le secrétaire d’État souhaite donner un coup de pouce à ces métiers, non reconnus par l’État. D’ici 2030, une annonce du gouvernement a été faite et 300 000 emplois pourraient être créés. L’annonce fait également office d’un souhait de la part du gouvernement de proposer des contrats à durée indéterminée pour ces métiers. Et l’offre va encore plus loin. Le métier d’accompagnant à domicile n’est pas soumis à un diplôme. Depuis le mois de janvier 2016, l’État peut délivrer un diplôme spécifique à cette discipline, afin qu’elle soit reconnue. De quoi donner plus de valeurs à cette activité effectuée tout de même par des centaines de milliers de personnes.

Une demande de revalorisation de salaire

Bien que les mesures citées ci-dessus soient attendues par tous, la question du salaire reste un point essentiel pour les associations et les accompagnants à domicile. Ce travail n’est pas de tout repos, que ce soit au niveau psychologique ou physique. Et pourtant, les salaires ne sont pas à la hauteur de leur travail. Aujourd’hui, 1h coûte 24 €, quand elle n’est payée qu’entre 18 et 21. L’association AD-PA demande aux pouvoirs publics une revalorisation des salaires, afin de donner plus d’importance et de mérites à cette branche de métier. Le gouvernement a donc mis en place un fond d’appui aux bonnes pratiques. Ce fond, aidant également à la restructuration des services, s’adresse particulièrement aux conseils départementaux. En effet, ce sont ces derniers qui établissent les tarifs pour les interventions des aides à domicile.

Malheureusement, cette aide ne résoudra certainement pas tous les problèmes que les auxiliaires de vie connaissent dans leur métier au quotidien. Tous les accompagnants vous le diront, le contact avec les humains est intéressant et passionnant. Pour autant, les conditions dans lesquelles ils travaillent ne sont pas des plus reposantes. Et cette partie de la population déplore que le gouvernement ne leur apporte pas une solution viable au niveau du salaire et que leur santé en pâtisse. En effet, en plus de passer du temps auprès des personnes âgées ou handicapées, il est important de mesurer la durée du trajet. Le temps passé sur la route, les kilomètres parcourus et la durée consacrée au domicile doivent être pris en compte. Malheureusement, le salaire pour un mi-temps ne dépassant pas les 800 €, ces accompagnants ne sont pas rémunérés à leur juste valeur. Épuisées et en manque de reconnaissance, il n’est pas rare de voir de nombreuses personnes abandonner ce métier, pourtant considéré comme métier d’avenir aux yeux du gouvernement.

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