Nice Côte d’Azur : l’attractivité économique en question

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Sélectionnée comme finaliste parmi les villes candidates au prix de la Capitale Européenne de l’Innovation 2017, la métropole Nice Côte d’Azur met les bouchées double pour convaincre les entreprises et les investisseurs de son attrait économique. Au-delà des ambitions affichées par la municipalité, quels sont sur le terrain les forces et les faiblesses de la capitale des Alpes-Maritimes ? Et quels chiffres pouvons-nous ressortir de cette analyse sur les entreprises de Nice.

Tourisme : force et faiblesse de la métropole niçoise

Côte d’Azur oblige, Nice est une ville dont l’économie repose en grande partie sur le tourisme. Cet état de fait conditionne à la fois le bassin d’emploi et la structure résidentielle. Les statistiques de l’INSEE soulignent par exemple que 15% des logements niçois sont des résidences secondaires, alors que cette proportion n’est habituellement que de 1,1% dans des villes de taille comparable.

De la même façon, 76% des emplois sur la métropole sont orientés vers les activités présentielles, c’est-à-dire le service sous toutes ses formes, en direction des habitants à l’année comme des touristes. Le secteur tertiaire est donc sur-représenté à Nice puisque l’on tombe à 65% environ de l’emploi global dans les villes à l’envergure similaire.

Cette surpondération du tertiaire n’est cependant pas uniquement due au tourisme. En réalité, elle découle aussi de l’âge de la population. Au recensement de 2010, on dénombre en effet sur Nice Côte d’Azur 21,8% de personnes âgées de 65 ans et plus, contre 14,6% dans le reste de la France. Le vieillissement de la population niçoise et le renforcement de cette classe d’oisifs ont un impact direct sur le tissu économique local, qui devient dépendant à la fois d’un secteur d’activité et d’une classe d’âge, au détriment des jeunes actifs et d’autres métiers qui pourraient attirer les capitaux. Notons d’ailleurs que la population s’érode légèrement à Nice entre 2006 et 2011, alors qu’elle présente un solde positif au niveau de l’ensemble de la région.

33 projets d’implantation en 2015

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) a donc entrepris avec le soutien des municipalités locales et les différentes branches azuréennes de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), une politique d’incitation économique et de marketing territorial. Avec succès, semble-t-il : en 2015, les différents acteurs concernés comme le CCI PACA se félicitaient par exemple d’avoir réussi à motiver 33 projets d’implantation et d’extensions de sites ont été comptabilisés autour de Nice Côte d’Azur.

Près de la moitié de ces projets avait trait au secteur des technologies de l’information, tandis que 12% concernaient la santé. En revanche, un tiers de ces financements est allé à des projets liés au monde des services. Les habitudes ont la vie dure !

L’industrie, parent pauvre de la métropole niçoise ?

Dans une région aussi urbanisée que la côte d’Azur, la faible part du secteur primaire dans l’économie n’est pas une surprise. Nice révèle en revanche une activité industrielle inférieure à celle d’autres villes aux caractéristiques comparables, faute sans doute d’avoir réussi à attirer de grands acteurs industriels comme l’ont fait Toulouse avec Airbus ou Bordeaux avec Dassault, Thalès et Safran.

Forte de 538 600 habitants en 2011, la capitale des Alpes-Maritimes compte ainsi moins de 10% d’actifs dans le secteur secondaire. Sur ce terrain, Nice ne manque cependant pas d’atouts ! La ville dispose d’un grand aéroport, le troisième en France, et profite d’une situation géographique enviable, aux portes des Alpes, de l’Italie et de Monaco. La métropole est en outre à proximité immédiate de la célèbre zone de Sophia Antipolis où sont installées les activités recherche et développement d’acteurs industriels de premier plan, français ou étrangers.

Ces derniers auraient-ils fait faux bond à Nice ? Aujourd’hui, la principale société dont le siège est installé dans la métropole est le fabricant d’ascenseur Kone, dont l’activité est tout de même estimée à environ 500 millions d’euros par an. Hormis le spécialiste de la santé Serex, le groupe Nice-matin, et la compagnie méditerranéenne des services d’eau, on tombe après rapidement sur des sociétés dont la portée ne dépasse pas nécessairement la région. Seul le secteur textile et la confection dopent légèrement l’activité industrielle locale : Nice est par exemple le siège de la marque de prêt à porter Façonnable.

Une éco-vallée pour motiver les projets innovants

A l’échelle de la métropole, on s’active donc pour renforcer l’attractivité économique. La ville finance et orchestre plusieurs grands projets qui visent à dynamiser l’activité. Dans le lot, on trouve par exemple la création de plusieurs quartiers écologiques dont une éco-vallée dédiée aux industries innovantes. Nice travaille également à la transformation de ses gares et aéroports en pôles d’échanges multimodal, et développe un quartier d’affaires international de grande ampleur qui accueillera à terme des pépinières d’entreprise et des incubateurs de startup.

Elle s’est enfin dotée d’un véhicule de soutien à l’investissement, qui prend la forme d’une cellule chargée d’accompagner les nouveaux arrivants en termes d’ingénierie financière, de recherche immobilière et de constitution d’un réseau de partenaires commerciaux.

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